Le glyphosate n’en finit pas de déchaîner les passions en France et dans le Monde. Le 11 août 2018, la justice américaine a condamné le groupe Monsanto qui commercialise le produit à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint d’un cancer avancé. Le 20 août, le parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a déposé un recours judiciaire en référé demandant l’interdiction des herbicides contenant du glyphosate. Le débat concernant le caractère nocif du glyphosate sur l’environnement et la santé humaine est loin d’être tranché, il n’existe pas aujourd’hui de consensus auprès de la communauté scientifique. Toujours est-il que la jurisprudence du 11 août pourrait faire tâche d’huile. Le glyphosate ayant fait l’objet d’un brevet de la firme américaine Monsanto, existe sur le marché depuis 1974. C’est une molécule chimique qui s’est imposée avec le temps comme l’herbicide le plus célèbre au monde. C’est un produit particulièrement puissant qui tue toutes les herbes sauf les herbes modifiées génétiquement. Le succès du glyphosate s’explique par sa facilité d’emploi, son coût faible et son action efficace sur les végétaux. S’il est avéré que le glyphosate est un produit toxique, une divergence de points de vue règne sur le degré de toxicité du produit et sur son impact sur l’environnement. Au même moment ou presque, l’INRA sort une étude prouvant que l’agriculture bio est aussi efficace que les pesticides pour la production agricole.

L’impact sur la flore

Le mode opératoire du glyphosate consiste à neutraliser le métabolisme des végétaux pour empêcher leur croissance. Mais il faut noter que le glyphosate n’affecte pas exclusivement les mauvaises herbes. Le glyphosate ne se dégrade pas facilement, des recherches ont montré que le glyphosate se transfère rapidement des tiges vers les racines, ce qui entraîner un impact négatif sur les plantes qui n’étaient pas initialement visés par le désherbage.

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On peut relever parmi les effets négatifs, une baisse de l’incorporation des éléments nutritifs des sols tels que le fer, le zinc et le manganèse qui sont importants aux plantes en ce sens où ils participent aux propriétés de défense des plantes contre les maladies. En aggravant la vulnérabilité des plantes aux maladies, cela pourrait entraîner une utilisation plus forte des pesticides.

L’impact sur la faune

Des impacts non négligeables sont à noter sur la faune. Certaines études ont été menées sur des rats exposés au glyphosate. Les études n’ont pas permis de démontrer des effets négatifs sur les femelles, en revanche, elles ont permis d’établir des effets négatifs sur la fertilité des mâles notamment au niveau de la production de spermatozoïdes.

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Des expériences ont également étaient menées sur des grenouilles permettent de montrer que les additifs utilisés dans certains produits contenant du glyphosate sont nocifs pour les hormones thyroïdiennes des grenouilles. On note également un impact notable sur les oiseaux sauvages. Au niveau des espèces marines, certaines études ont été effectuées notamment sur le tilapia du Nil sur lequel on a observé des lésions des reins et du foie après plusieurs heures d’exposition à des doses fortes.

L’impact sur les sols

Concernant les sols, certaines études montrent que le glyphosate crée un dérèglement impactant les microbes du sol. Il faut noter cependant que la dégradation des sols du fait du glyphosate varie en fonction des types de sols, sur ce point les recherches poursuivent leurs cours.

La matière organique n’aurait pas les propriétés suffisantes pour retenir le glyphosate même si elle peut être impliquée dans ce processus. Idem pour les éléments nutritifs du sol qui pourraient créer une rétention du glyphosate. Des études ont montré que l’usage du glyphosate à des doses conseillées n’aurait pas de conséquences négatives sur la flore microbienne qui permet une détérioration du glyphosate dans les sols.