La France renoue avec la canicule. En dépit du fait qu’elle n’atteint pas le niveau de 2003, la canicule de 2018 se traduit par une sécheresse qui plonge dans le désarroi et l’inquiétude le monde agricole. Depuis le jeudi 2 août 2018, 39 départements du Nord de la France sont sous alerte sécheresse. Même si on n’a pas encore atteint des niveaux records de sécheresse, la situation reste préoccupante du fait des températures fortes et du déficit de pluie. La sécheresse affecte particulièrement les cultures de céréales et l’élevage avec le manque de d’herbe au niveau des prairies. D’après le ministre de l’agriculture Stéphane Travert les conséquences se ressentent avec plus d’acuité dans la moitié Est de la France. Le ministre se veut rassurant en donnant la garantie que le gouvernement va mobiliser des ressources pour soulager les agriculteurs. Quelques mesures ont été annoncées notamment l’abattement de la taxe sur le foncier non bâti, le  différé du versement des cotisations et l’activation du statut de calamité agricole.

L’impact de la sécheresse sur la culture des céréales

Une grosse partie de la récolte de blé, de colza et de céréales à paille a déjà été effectuée. D’après les prévisions du début du mois de juillet, la production connaîtra un reflux en 2018 par rapport à 2017. Toutefois cette baisse est à relativiser, on peut estimer que les performances de cette année restent convenables par rapport à la moyenne 2013-2017 d’après les précisions du ministre de l’agriculture. Il faut toutefois noter que ces performances ne sont pas homogènes sur l’ensemble du territoire français.

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La production de blé se situe à un peu plus de 36 millions de tonnes soit une baisse de 1,3% comparativement à 2017. Le colza se situe à 4,6 millions de tonnes soit une chute significative de 14,5%. La production d’orge se stabilise à peu plus de 12 millions de tonnes. La situation reste particulièrement préoccupante pour le maïs. La sécheresse affecte rudement les 2,8 millions d’hectares de maïs qui n’ont pas encore fait l’objet de récoltes. Dans le sud-ouest, le maïs a été semé avec retard du fait des intempéries du printemps, par conséquent les épis sont encore très tendres. Dans le Nord et l’Est, le maïs est desséché. Les chutes de rendement prévues avoisinent les 15 à 20%.

L’impact sur l’élevage et le bétail

La principale conséquence sur l’élevage et le bétail est le manque d’herbe. La chaleur entraîne la disparition de l’herbe qui ne repousse du fait de l’absence de pluies. Dans l’Est de la France, la situation est assez catastrophique. Les éleveurs ont commencé à utiliser les stocks de foin qu’ils utilisaient normalement en hiver. Dans les zones qui n’ont pas reçu la moindre goutte de pluie, la chaleur vient s’additionner au manque d’eau, ce qui fait que les bêtes s’alimentent moins et produisent ainsi moins de lait.

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Dans les Vosges, la situation reste sans précédent depuis 2003. La conséquence de cette situation est que le fourrage coûte plus cher du fait d’une demande forte exacerbée par la concurrence des autres pays européens tels que la Belgique et les Pays-Bas subissant également la sécheresse.

Certaines cultures devraient quand même être épargnées

Pour la vigne l’inquiétude n’est pas de mise, la production espérée sera supérieure à la moyenne et celle-ci devrait être de bonne qualité. Toutefois si la sécheresse se poursuit, cela pourrait légèrement affecter les volumes de production. Sur un autre plan, on peut noter que les champs de betteraves tiennent encore le coup face à la sécheresse. Cependant, la production de pommes de terre devrait baisser.